28.10.2009
La malédiction de la lentille
Entre autres tares, je suis myope. Enfin non, je suis TRES myope, et même je suis myopissime. Je ne sais pas si je dois m'en vanter, mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi myope que moi (je ne doute pas que ça existe, ceci dit, et je plains de tout mon coeur les gens pour qui c'est le cas). Je ne peux pas survivre sans mes lunettes. C'est bien simple, à 30 cm je vois déjà flou, à deux mètres je ne reconnais pas le sgens (vous me direz, je ne les vois pas même avec mes lunettes, je ne sais pas pourquoi. Après ils croient que je les snobe alors que c'est triste à dire, mais je les ai vraiment pas vus!). J'ai l'impression de marcher dans un épais brouillard ouaté. Les gens et les choses n'ont plus de contours. C'est une sensation très bizarre, et ça m'angoisse un peu, dailleurs souvent je rêve que tout est très sombre autour de moi et que je vois presque plus rien.
Bref, du coup, mettre mes lunettes est toujours la toute première chose que je fais le matin, avant même de me lever. Je ne vous dis pas le bordel quand je pose mes lunettes pour enfiler un haut par exemple, et que je ne sais plus où je les ai mises. Seule, une fois sur deux, c'est quasiment impossible de les retrouver. Pourtant elles sont rouges!
Le fait de lire beaucoup et de passer des heures sur l'ordi n'arrange pas les choses.

13:43 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : myope comme une taupe, mascara, les labradors sont nos amis
27.10.2009
Harriet, une amie qui vous veut du bien
Aujourd’hui, lectorat adoré, je vais être un peu (et même carrément) langue de vipère et vous parler de ma pseudo-keupine Harriet, que j’avais évoquée en passant un jour, et qui, croyez-moi, vaut largement un article à elle seule.
Harriet n’est pas son vrai nom bien sûr. Comme l’indique mon titre, je me suis inspirée pour la baptiser du film « Harry, un ami qui vous veut du bien », dans lequel le Harry en question (joué par Sergi Lopez) s’immisce dans la vie d’un homme qu’il prétend connaître et lui pourrit complètement l’existence.
Harriet, je l’ai connue quand je suis arrivée à la fac. C’était difficile de la louper, parce qu’elle tient beaucoup de place (je parle uniquement de sa personnalité, pas de son physique), et facile de l’aimer au premier abord, parce qu’elle est drôle et exubérante. On se rend bien compte petit à petit qu’elle est assez médisante, voire carrément cruelle parfois, mais on pense que c’est juste pour nous faire rire, alors on laisse passer.
Harriet, il lui arrive toujours des histoires à dormir debout. Sauf que quand on la fréquente depuis plusieurs années comme moi, on se rend compte qu’à chaque fois qu’elle raconte la même histoire à de nouvelles personnes, celle-ci devient de plus en plus rocambolesque. Mais on se tait pour ne pas la mettre mal à l’aise devant son auditoire, et puis on se dit qu’au fond ce n’est pas grave si c’est exagéré ou même carrément inventé : l’important c’est qu’elle ait toujours une anecdote à raconter et qu’elle mette une bonne ambiance dans les soirées.
Mais petit à petit on se rend compte que notre amitié, même après plusieurs années, est très superficielle (j’ai franchement mis du temps à comprendre ceci dit). Parce qu’elle copine uniquement avec les gens qui l’intéressent sur le moment, autrement dit ceux qu’elle voit tous les jours et qui peuvent lui apporter quelque chose. Du coup, dès qu’elle n’est plus dans la même promo qu’une de ses copines, elle l’oublie. Quand notre copine commune Ch* a redoublé sa licence, Harriet l’a tout bonnement zappée. De toute façon elle a besoin d’être fusionnelle en amitié (c’est de courte durée par contre), donc elle ne peut être amie qu’avec une personne à la fois. Quand elle est allée un an en Angleterre, elle m’a donc un peu mise de côté et est devenue BFF (best friend forever) avec V*, sur laquelle elle crachait avant de partir. De retour en France, elles ont préparé le CAPES ensemble, et Harriet qui habitait loin de la fac dormait régulièrement chez V*. Jusqu’au jour où elle s’est trouvé un mec dans la promo et a tourné le dos à la pauvre V* sans plus de cérémonie. Quand Harriet et moi nous sommes retrouvées ensemble en agreg, c’était à nouveau l’amour fou (j’étais une étudiante sérieuse et je prêtais mes livres), puis elle a jeté son dévolu sur E* (vous savez, la copine avec qui je suis partie à NYC). L’année de stage IUFM, E* et Harriet ont donc vécu en coloc. Une vraie lune de miel, elles étaient inséparables. Elles se sont même pacsées (un faux pacs je précise) et ont fait des mutations simultanées. Sauf qu’en suivant la logique d’Harriet elles se sont mal débrouillées et se sont retrouvées à plusieurs centaines de km de chez nous. Elles se sont dit « Tant pis c’est pour cette année seulement, au prochain mouvement on refera une mutation simultanée pour revenir dans notre région ». Mais là-bas, Harriet a rencontré un mec, a complètement laissé tomber E* et a commencé à dire qu’elle ne voulait plus partir. Elle a voulu se dépacser de E* pour se pacser avec son nouveau mec, ce qui aurait laissé E* dans la mouise parce qu’elle se serait soudainement retrouvée sans aucun point pour rentrer. Bref, finalement elles sont revenues toutes les deux dans notre région, mais E* a compris sa douleur, et ça en a été fini de leur belle amitié (et de leur pacs bidon, ce qui n’est pas plus mal).
En fait, pour Harriet, y’a que son nombril qui compte. Au moins, n’aimer personne d’autre qu’elle-même lui permet de ne jamais souffrir. Mais elle déteste être seule, et ce sont ses amoureux qui en pâtissent le plus. Franchement, je ne souhaiterais même pas à mon pire ennemi de tomber sur elle.
Depuis que je la connais elle n’a pas été seule plus de quelques mois. Ce n’est pas un canon mais elle a quand même du chien, comme on dit, et surtout elle sait super bien s’y prendre. A tel point que tous ses amoureux (du moins tous ceux que j’ai rencontrés) étaient à ses pieds. En plus elle n’a aucun scrupule : mec déjà maqué voire homme marié, meilleur ami de son copain actuel, peu importe, tout ce qui a moins de 40 ans lui va. Dans le collège où elle a fait son stage, elle en a essayé 3 successivement avant de tomber sur la meilleure poire. (Elle est quand même allée jusqu’à prendre en photo une bague à 200 euros dans un magasin avant de la montrer à son mec (avec qui elle était depuis 15 jours) en lui disant « je veux ça ». Le pire c’est que ça a marché. Moi ça fait 3 ans que je dis à tout le monde que je veux un Lancel Easy Flirt et j’ai toujours rien).
Chaque nouveau mec est l’homme de sa vie, ils vont se marier, acheter une maison et avoir plein de bébés. Puis au bout de trois mois, dès que la passion s’émousse un peu, ou dès qu’il ne lui passe plus tous ses caprices (un jour elle a été scandalisée parce qu’un de ses mecs n’avait pas voulu lui acheter la minijupe Diesel dont elle avait envie), elle se lasse et décide de le larguer. Oui mais attention, pas n’importe quand : elle n’a pas voulu larguer Untel immédiatement parce que ça allait être son anniversaire et qu’elle voulait son cadeau. Et surtout elle ne part que si elle a quelqu’un d’autre dans le collimateur, quitte à rester plusieurs semaines avec quelqu’un qu’elle ne supporte plus. Au pire elle le trompera (Véridique, je l’ai vue faire au moins deux fois.). Avant son mec actuel, elle avait quelqu’un, qu’elle a largué seulement une fois qu’elle a été sûre que MecActuel était pris dans ses filets. Le pauvre Ex n’avait rien vu venir, vu qu’elle lui jurait que c’était l’amour fou. (Perso je pense que se faire larguer était franchement la meilleure chose qui pouvait lui arriver) Puis elle s’est lassée de MecActuel mais elle ne l’a pas largué parce que « on doit partir dans le Sud en vacances et c’est lui qui paie ». En plus entre temps E* a rencontré un amoureux (un vrai de vrai) et s’est pacsée, alors Harriet pouvait d’autant moins se retrouver seule (ben oui, surtout qu’elle avait dit à E* juste avant qu’elle rencontre son chéri que c’était pas étonnant qu’elle soit célibataire vu qu’elle était coincée). Harriet est donc aujourd’hui pacsée avec celui qu’elle voulait laisser tomber il y a quelques semaines.
Bon à vrai dire, nous (les 5 autres filles de la bande) sa vie amoureuse on s’en fout un peu. Au mieux ça nous fait rire, au pire ça nous fait de la peine pour les amoureux qui se retrouvent sur le trottoir sans avoir rien compris. Mais petit à petit on s’est rendu compte qu’elle effectuait surtout un sacré travail de sape envers nous. Le problème c’est que ça a mis longtemps à éclater au grand jour parce qu’on le pensait chacune dans notre coin sans oser le dire tout haut, de peur de passer pour la méchante. Mais on a fini par comprendre qu’Harriet, elle ne supporte tout simplement pas qu’on soit plus belle / plus mince / plus intelligente / mieux fringuée / plus heureuse qu’elle.
Alors elle balance. A E* qui nous voit plus souvent qu’elle (tout simplement parce qu’elle tient vraiment à nous, elle, et qu’elle fait l’effort de nous appeler et de venir nous voir !), Harriet demande si l’une d’entre nous a grossi depuis la dernière fois, et dit sur le ton de la confidence : « MecActuel m’a dit que j’étais superbe, et que quand il voyait mes copines, il me trouvait encore plus belle ». De J* (qui est agrégée et pas elle), elle a dit qu’elle était snob et qu’elle aimait trop l’argent. En voyant le superbe appart de cette même J*, elle a déclaré que la déco était super kitsch. Après avoir appris que M* (pas moi, mais une autre de mes amies qui a le même prénom) avait acheté un appartement, elle a décidé qu’il fallait qu’elle achète une maison. Quand E* stressait comme une folle lors de son année de stage et se demandait si elle allait être titularisée, Harriet lui disait que ses cours à elle se passaient super bien, que les élèves l’adoraient et que les formateurs l’encensaient. Quand j’ai commencé à avoir des problèmes avec mon amoureux, j’ai lu sur son visage (et vu dans son comportement) qu’elle jubilait : enfin le petit couple parfait devenait aussi foireux que ses propres relations. Quand on s’est remis ensemble, elle s'es énervé et a dit (aux autres, pas à moi) que je faisais vraiment n’importe quoi. (Aujourd’hui je ne sais pas ce qu’elle pense, j’évite soigneusement de lui parler de quoi que ce soit qui me touche).
Je suppose que vous comprenez maintenant pourquoi je parle de « pseudo-keupine ». Pour moi une amie n’est pas quelqu’un qui ne vous contacte que quand elle a besoin de vous et vous poignarde dans le dos. Mais je dois dire que si j’ai été peinée d’être oubliée quand elle est partie en Angleterre, je me fiche pas mal aujourd’hui de ne plus la voir. Et surtout, ses piques ne me touchent plus. J’estime avoir suffisamment d’amis pour qui je compte vraiment et qui comptent pour moi, et je me sens suffisamment bien dans ma peau pour qu’elle ne puisse plus tellement avoir d’emprise. A vrai dire, je la trouve plus pathétique qu’autre chose, et ses manœuvres me font rire maintenant que je sais que personne n’est dupe. Je me dis qu’elle ne doit pas se sentir si bien dans sa peau pour agir comme ça. Et qu’un jour, à force de trop jouer avec les gens, elle se retrouvera seule pour de bon. Au fond, peut-être que c’est ce qu’il lui faut : peut-être qu’à ce moment-là elle retrouvera enfin un peu d’humanité.
13:06 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : amitié, pseudo-keupine
26.10.2009
Lecture(s) plaisir
Grâce à la thèse (ou "à cause" de la thèse, dans les mauvais jours), je lis des tonnes et des tonnes de bouquins.
Par exemple, en ce moment je lis ça:

Ce sont les entretiens de ce vieux beau de Richard Ford.
Pas inintéressant mais souvent répétitif : chaque journaliste retrace sa bio, lui demande d'où il vient, comment il a commencé à écrire etc. Au bout de la 10ème fois, on connaît les réponses par coeur. Mais c'est toujours intéressant de voir le regard qu'un écrivain porte sur son oeuvre. On apprend des tas de choses. Parfois, si on est attentif, on note même de petites contradictions qui en disent long, ou des coquetteries amusantes. Bref c'est généralement très instructif, à condition de ne pas oublier qu'il ne faut jamais croire l'écrivain sur parole.
Après celui-là, j'ai deux bouquins critiques sur Ford qu m'attendent, puis d'autres choses sur la mimesis, le réalisme, etc (Ma liste longue comme le bras ne diminue pas vite).
Mais bon, Genette, Bakthine, James, Hutcheon et les autres c'est sympa, mais j'aime bien aussi lire des choses un peu moins sérieuses le soir pour m'endormir.
Du coup j'ai passé une petite commande Amazon avec que des bêtises:

Je sais, ça fait un petit moment qu'il est sorti celui-là mais je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire. Je ne pense pas que ça vole bien haut, mais je me dis que ça doit être marrant de voir ainsi stigmatisés mes travers et ceux de mes concitoyens.

Bon là, j'avoue, j'ai un peu honte de tomber dans la chick lit de base, mais après tout, ça doit être un autre genre de Bridget Jones et ça peut être sympa. Largement suffisant pour s'endormir paisiblement et faire de beaux rêves d'escarpins Louboutin et sac Lancel (là je parle vraiment pour moi parce que je pense pas que l'héroïne achète chez Lancel).

C'est le tome III de Millenium, que j'ai super hâte de lire. J'adore les polars, ils ne m'empêchent pas du tout de m'endormir, et ne me font faire aucun cauchemar. Par contre après je n'ose plus sortir de mon lit pour aller faire pipi (oui car c'est bien connu, la couette est le seul endroit où l'on est parfaitement à l'abri du psychopathe sanguinaire qui rôde dans l'appartement).
Bon, je vous ferai un compte-rendu une fois que j'aurai lu tout ça.
09:12 Publié dans Et tout le reste est littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25.10.2009
500 Days of Summer / 500 jours ensemble
Je ne suis pas très en avance parce que je l'ai vu il y a 15 jours, mais si vous ne savez pas quoi faire ce dimanche, je vous recommande d'aller voir ça:

12:22 Publié dans Ciné/Télé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : amûr (pas) toujûrs, chick flick mais pas seulement
24.10.2009
L'âge de raison
C'était les 3 J aux Galeries Lafayette, et j'ai été très sage. La preuve, certaines robes Karen Millen étaient à -30 et -50 % et je n'ai même pas craqué! Pourtant j'avais une excuse toute trouvée : au choix: c'est les vacances, fat fêter ça/j'ai besoin d'être consolée/c'est joli les robes. Mais rien, je ne les ai même pas essayées. Ma force de caractère m'impressionne (oui, j'aime m'autocongratuler; on n'est jamais si bien servi que par soi-même). Il faut dire que 1/ elles faisaient encore habillées et que je n'en suis pas à claquer 110 euros dans un truc que je ne mettrai jamais à part au réveillon (euh non je mens là. Disons que je n'en suis plus là...enfin jusqu'au prochain craquage!) 2/ je n'ai plus énormément d'argent sur mon compte 3/ je pars à Londres pour un long week-end dans un mois et demi et question shopping j'aurai de quoi faire, et en plus je n'ai toujours pas commandé de livres sterling (là on rejoint le point n°2 : faut que j'économise si je veux pouvoir commander mes livres et manger et dormir à Londres, qui est un peu l'une des capitales les plus chères du monde).
Enfin on ne se refait pas, j'ai quand même essayé un manteau avec col et manches en astrakan (j'ai honte, j'ai dû vérifier l'orthographe dans le Robert) chez Karen Millen, mais je l'ai reposé la tête haute. J'ai préféré attendre pour toutes les raisons énumérées ci-dessus, et aussi parce que mes parents, ma petite soeur et moi-même avons planifié une sortie shopping vendredi prochain (c'est fou ce que mon père est content... Ca doit être dur, parfois, de n'être entouré que de filles!) et que le manteau de mes rêves (classe et pas cher) m'attend peut-être là-bas. (En plus je me demande si l'astrakan, ça ne fait pas mémère).
21:13 Publié dans Sacs, chaussures et cie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : karen millen, je suis devenue sage
23.10.2009
Suis-je une mauvaise mère?
Je ne vois pas comment je pourrais m'en sortir si j'avais des enfants, parce que je suis déjà incapable de me fair obéir de Châtaigne. Selon ma mère et ma soeur, je suis beaucoup trop permissive. "Ce n'est pas parce que tu la disputes qu'elle ne t'aimera plus" m'a doctement expliqué ma mère.
Donc j'essaie de faire preuve d'un peu plus d'autorité, to no avail, comme disent les Anglais. Malgré mes fessées à répétition, Châtaigne continue à faire pipi dans la baignoire un soir sur 3 (vous me direz, c'est mieux que dans les draps). Hier soir, elle a mangé la moitié de ma tarte aux épinards (plus précisément, elle a mangé uniquement les épinards, il restait tout la pâte). Puis elle a gratté sa litière deux fois pendant la nuit en faisant un tel potin que j'ai cru qu'elle utilisait un bulldozer. Ensuite toute enveloppée dans sa terrible odeur de litière elle est venue se coller à deux cm de mon visage pour me renifler et réclamer des câlins. Et enfin elle a démonté un tiroir de ma commode. Ouais, parce qu'elle est trop forte, elle sait ouvrir les tiroirs. Celui-ci était brinquebalant depuis plusieurs années. Maintenant au moins il est carrément cassé. Bref je sus restée encore 2h à fixer le plafond en attedant que le sommeil revienne et ce matin j'étais vraiment pas fraîche.
(ca fait vraiment vieille fille ce côté "je raconte avec tendresse les petites anecdotes de mon chat").
A part ça le proprio du chien qui jappe sans discontinuer depuis une demi-heure ferait bien de le faire taire avant que je sorte ma carabine. Sérieusement, je ne peux pas passer ENCORE une nuit de m...., je suis vraiment trop crevée. Ce matin je me suis assise pour la première fois en cours parce que je ne tenais plus debout. Mais je me suis vite relevée parce que je suis trop petite et je ne vois pas au-delà du premier rang si je suis au bureau. Et déjà que j'étais claquée ces petits saligauds (rassuez-vous, dans ma bouche c'est affectueux) m'ont fait crier: j'ai dû en engueuler trois ou quatre qui bavardaient/n'avaient pas fait leur boulot/étaient avachis sur la table (comme quoi, je viens pas à bout de ma chatte, mais avec les étudiants ça va). Du coup, ils étaient tout penauds et m'ont fait de grands sourires tout le reste du cours.
Pour bien me fatiguer et m'endormir plus facilement, je vais au bar ce soir. Pas toute seule je précise! Sinon ça fait un peu poivrote qui va chercher sa cuite. Ca va me faire du bien de voir du monde, des anglophones qui plus est. J'ai mis une jupe, me suis un peu maquillée (pas pour chercher un mec, juste pour me sentir bien) et j'ai décidé que j'allais juste en profiter et ne pas penser.
Bon WE à vous! Une pensée particulière pour Camille qui se marie samedi! Félicitations Camille!
20:48 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : châtaigne
22.10.2009
Qu'est-ce que je vous disais?
On croirait que la secrétaire du département d'anglais lit ce blog. Et qu'elle cherche à me donner raison au sujet de mon statut (cf l'article d'hier).
Aujourd'hui, avant mon cours, je suis passée devant le tableau du département, qui indique les dates et lieux des réunions, les modalités d'examens, les numéros des bureaux et heures de réception des profs, bref toute info susceptible d'intéresser les étudiants. Surtout, le tableau arbore un splendide trombinoscope avec la tronche de tout le personnel du département, des lecteurs aux maîtres de conf en passant par les bibliothécaires, sans oublier bien entendu moi-même (d'ailleurs je ne sais pas ce qui m'a toquée le jour où je suis allée faire cette photo mais j'avais mis un haut super décolleté. Ca ne fait pas très sérieux). Ce trombinoscope, je passais toujours devant en ricanant avec mes copines quand j'étais étudiante parce que les photos ne sont pas très flatteuses (euphémisme). Maintenant que je suis dessus, bizarrement je ne ris plus. Mais justement today mon oeil de lynx remarque que la disposition des fameuses photos a changé. A* (l'autre allocataire-monitrice, ou AM pour les intimes, ou AMEN (je déconne pas) pour les gens vraiment précis) et moi qui errions auparavant en plein milieu du chemin sommes coincées sur un côté. En dessous, une petite étiquette indique "monitrices". Au-dessus et à gauche de nos mines de hamster réjoui se trouve le reste du corps professoral. Avec leur propre petite étiquette : "enseignants". Forcément.
Je suis en pleine crise identitaire.
18:28 Publié dans Teaching | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : les faux profs sont dans la place
21.10.2009
Je m'appelle M* et je suis doctorante ascendant fausse prof.
Ma môman est prof d'italien (et pour répondre à vos interrogations, oui elle est un peu triste que j'aie plutôt choisi d'étudier l'anglais alors qu'elle trouve que c'est une langue très moche, et que la moitié de ma famille est italienne). L'autre jour, un de ses collègues prof de maths lui a demandé ce que faisaient ses filles (donc moi et ma soeur). Et quand ma mère lui a expliqué que je faisais une thèse en littérature il a (enfin "il aurait", je devrais utiliser le conditionnel parce que je n'étais pas présente, objectivité journalistique toujours) ricané en répondant "ha ha je ne savais même pas que ça existait les thèses en littérature". "Gros con" rétorqua ma mère mentalement. Mais comme elle est polie (parfois)je crois qu'elle s'est contentée de le regarder de travers.
La vie de thésard n'est pas de tout repos, on passe la moitié de son temps à se justifier. Déjà la plupart des gens ne comprennent pas qu'on aime les études au point de les rallonger pour le plaisir ce qui me vaut régulièrement des "mais ça sert à quoi?" et des regards consternés ("la pauvre, elle finira vieille seule et aigrie, dévorée par son chat"). Ensuite ils pensent effectivement que ça n'existe que dans les domaines scientifiques (ou à l'extrême rigueur en Histoire s'ils ont vu On Connaît la Chanson), d'où la question récurrente, plus ou moins fielleuse selon la personne qui la pose: "Mais ça consiste en quoi en fait la recherche en littérature/en langues?" Je tiens à préciser que cette question m'a été posée plusieurs fois non par des individus lambda auxquels on peut pardonner parce qu'ils ont le droit de ne rien y connaître, mais par d'autres doctorants (mais venant de domaines scientifiques, donc persuadés que leurs travaux à eux, qui sont rigoureux et pas des élucubrations de femmes saoûles comme les nôtres, font révolutionner le monde). Il y a même quelqu'un qui a dit un jour à une copine doctorante en espagnol : "c'est quoi le principe? Vous cherchez des nouveaux mots?" Elle a eu envie de lui rétorquer qu'effectivement il n'y avait pas encore de mot pour qualifier sa connerie, mais elle n'a pas osé. Perso je crois que la prochaine fois j'oserai. Et à celui qui me demande à quoi ça sert je dirai "à rien". Marre d'expliquer en long en large et en travers à des gens sceptiques et arrogants que la culture, c'est quand même un peu ce qui nous élève au-dessus de l'animal et que donc c'est important de la préserver. Que la littérature est pour moi une source d'épanouissement et d'enrichissement perpétuel, que lorsqu'un texte/un auteur nous intéresse, on a envie de creuser, de se l'expliquer et de le faire découvrir aux autres.
Quand on est allocataire-moniteur comme moi, et donc qu'on a une bourse ministérielle assez conséquente (euh pas 2000 euros non plus hein, ne vous emballez pas) pour faire ses recherches (la fameuse allocation de thèse) et qu'on enseigne en même temps, mais seulement 64h à l'année, faut se justifier deux fois plus. Déjà personne ne comprend rien à ce statut bâtard. Y'a qu'à voir le mal que j'ai eu à convaincre mon agence immobilière de me louer mon appart parce que j'aurais un salaire fixe et tout. Ou y'a qu'à voir mes oncles et tantes (que j'aime et à qui je ne prête aucune mauvaise intention, par contre) me demander ce que je fais cette année (ben comme l'année dernière!) et si après je vais enseigner, et si je vis encore aux crochets de mes parnets. Ensuite certains pensent qu'on est juste payé à glander, ce qui est proprement scandaleux, abattons tous ces fonctionnaires (en plus ça fait un peu pseudo-fonctionnaire dans mon cas). Coupler les fonctions de thésard et de prof, faut être vicieux quand même. Non mais c'est vrai. Faut vraiment avoir envie de se faire critiquer. Je tiens quand même à signaler que je me suis dépouillée tout au long de mes études, et notamment pour avoir cette allocation de thèse. J'ajouterai sans vouloir paraître pédante que ce n'est pas si facile d'en obtenir une (dans ma fac il fallait être agrégé et avoir eu un M2 (soutenu en mai/juin) avec mention TB, et ensuite passer un oral pour présenter son projet de thèse, et comme on est en "compétition" avec les autres thésards de sciences humaines, on, n'est pas sûr du résultat, il n'y a pas forcément chaque année une allocation réservée à l'anglais).
Tout ça pour dire que j'estime ne pas avoir volé ma place et que donc j'aimerais bien qu'on me foute la paix. Non mais!
Enfin ça nous permet d'en rire entre nous. Nous, c'est moi et les autres monitrices et ATER (attachés temporaires d'enseignement et de recherche, qui couplent aussi thèse et enseignement mais font le même nombre d'heures qu'un maître de conf') que je connais. On est 6, 3 anglicistes et 3 hispanistes, 5 filles et un garçon, et entre nous on s'amuse à se surnommer les "faux profs" à cause du statut bâtard dont je viens de vous parler. On se retrouve régulièrement autour d'un verre ou d'une pizza pour se plaindre de nos thèses qui n'avancent pas assez vite (enfin sauf pour J* qui soutient bientôt!) et de certains étudiants trop mous ou (c'est plus souvent le cas cette année) trop arrogants. Justement on s'est vus hier soir, ça m'a remonté le moral. On se rend compte qu'on a tous exactement les mêmes problèmes, et partager nos angoisses nous fait du bien. On se sent moins seul et désemparé face à nos bouquins.
Et puis je voudrais pas paraître faire de la lèche à M* aussi et à mon directeur de thèse, mais dans notre département on a aussi la chance d'avoir des maîtres de conf' jeunes et qui n'ont pas la mémoire courte, c'est-à-dire qu'ils se souviennent être passés par là y'a pas longtemps et qu'ils se montrent dispos pour donner des tuyaux, prêter des bouquins, nous tenir compagnie aux colloques etc (et même donner sa thèse, pas vrai? ;-) )
A part ça il pleut, faut absolument que je me trouve des chaussures plates adaptées à la pluie (les dernières chassures que j'ai achetées sont des salomés à talons vertigineux en daim, autant dire que j'ai tout faux). Dommage que je n'arrive pas à remettre la main sur mes vieilles Docs du collège/lycée, ça revient à la mode.
Châtaigne est complètement folle: depuis quelque temps elle se met à lécher tout ce qu'elle trouve, en particulier mon bureau, mon ordi et mon sac, bref des choses dont je ne pensais pas qu'elles pouvaient être appétissantes...
Bon, faut que je me remettre à mon bouquin sinon je vais encore culpabiliser!
16:59 Publié dans M* thésarde, Teaching, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Cure de Colin
Je parle pas du poisson, hein!
Pour me remonter le moral, après avoir (re)lu Bridget Jones's Diary, j'ai donc (re-re)regardé les 2 films.

Là je suis dans les épisodes de Pride and Prejudice version BBC (avec un Colin nettement plus jeune):

Il me reste encore Love Actually, quoique j'hésite un peu parce que certaines parties de l'histoire (enfin des histoires qui s'entrecroisent) me dépriment un peu.

A part ça, j'ai un peu de mal à me concentrer sur mon boulot et je dois aller chez le coiffeur, activité que je déteste. Je ne retounerai pas chez celui de l'autre fois parce que ça fait pas si longtemps que j'y suis allée et mes cheveux sont déjà tous mous (je sais pas comment expliquer, mais ils sont trop longs, trop lourds, ils bouclent pas bien, quoi). Je crois que les coiffeurs (enfin certains coiffeurs, ne généralisons pas) ne savent pas s'y prendre avec les cheveux bouclés. Bref ça commence à urger mais telle que je me connais je vais mettre encore 15 jours à me décider!
10:50 Publié dans Love actually | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.10.2009
Lost
A vous je peux bien l'avouer : je me sens mal.
Les journées me semblent interminables. Mes parents m'ont reposée à Maville tout à l'heure et j'ai fait bonne figure, mais je ne voulais pas qu'ils s'en aillent. Je me sentais comme une petite fille qui avait besoin de câlins, qui ne pouvait pas rester seule. Je cherche des occupations pour ne pas penser, mais mes activités sont limitées. La thèse, les cours. Je ne vais plus à la danse puisqu'on y allait en couple.
Je redoute le moment du coucher parce que j'ai peur de ruminer et de ne pas réussir à m'endormir. Puis quand je m'endors je fais des cauchemars qui me réveillent en pleine nuit et me font me sentir encore plus mal.
Je reçois des sms désespérés et des coups de fil. Je ne réponds (quasi) pas, je me montre aussi froide que possible, mais je les attends et je suis malheureuse.
Je suis pleine de colère rentrée et je ne sais pas comment la faire sortir. Je voudrais hurler et frapper mais je ne peux pas.
Je ne sais pas ce que je veux, ou plutôt je voudrais effacer ces mois difficiles mais c'est impossible. Je voudrais savoir de quoi l'avenir sera fait pour effectuer le bon choix. Mais aucun choix ne me satisfait.
Je voudrais juste être tranquille, paisible.
19:51 Publié dans Love actually | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note









