21.12.2009
Une page se tourne.
Bien, j'ai fini ce matin le dernier tome de la trilogie Millenium, que j'ai ma foi bien aimée. Le problème c'est que j'ai lu ce dernier bouquin trop vite, et que je me retrouve sans idée de luvre à entamer à la suite. Comment vais-je faire ce soir en me couchant si je n'ai pas un petit polar ou un truc du genre pour m'évader un peu?
J'envisage de braver la neige et les trottoirs glacés pour me rendre chez G*bert cet après-midi, mais j'ai peur que le courage me manque au dernier moment. Bien sûr ma bibliothèque regorge de livres pas encore ouverts, comme The Golden Notebook, de Doris Lessing, dont j'ai toujours entendu le plus grand bien. Mais les soirs sous la couette je n'ai pas envie d'un grand bouquin, pas envie d'un bouquin sérieux, pas envie d'un classique (ou alors un petit Jane Austen à la rigueur). Ce dont j'ai envie, moi, c'est d'un petit truc sans prétention qui se lise vite, me fasse penser à autre chose qu'à la thèse et à l'hiver, et m'aide à trouver facilement le sommeil.
Z'avez des idées? J'aime beaucoup les romans policiers et les bouquins marrants (vraiment marrants, hein, pas vaguement drôles à la Stephen Clarke). J'aime pas les romans historiques, la littérature fantastique et les histoires d'amour (enfin si mais pas quand il ne s'agit que de ça et que c'est trop cucul romanesque (je répète que Jane Austen est une exception)).
A part ça, au chapitre envies, j'ai trop envie de foie gras poêlé qui fond dans la bouche. Mais ça je ne vais pas en acheter. Je vais peut-être le suggérer à ma mère quand je rentrerai, le 23 ou 24. Sauf que c'ets pas sympa de lui demander d'en cuisiner alors qu'elle ne Peut/veut plus en manger depuis que ça l'a rendue malade au réveillon du jour de l'an il y a quelques années (moi je dis que c'est peut-être plutôt le vin blanc le responsable...hihhi).
11:07 Publié dans Et tout le reste est littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : millenium, polars
26.10.2009
Lecture(s) plaisir
Grâce à la thèse (ou "à cause" de la thèse, dans les mauvais jours), je lis des tonnes et des tonnes de bouquins.
Par exemple, en ce moment je lis ça:

Ce sont les entretiens de ce vieux beau de Richard Ford.
Pas inintéressant mais souvent répétitif : chaque journaliste retrace sa bio, lui demande d'où il vient, comment il a commencé à écrire etc. Au bout de la 10ème fois, on connaît les réponses par coeur. Mais c'est toujours intéressant de voir le regard qu'un écrivain porte sur son oeuvre. On apprend des tas de choses. Parfois, si on est attentif, on note même de petites contradictions qui en disent long, ou des coquetteries amusantes. Bref c'est généralement très instructif, à condition de ne pas oublier qu'il ne faut jamais croire l'écrivain sur parole.
Après celui-là, j'ai deux bouquins critiques sur Ford qu m'attendent, puis d'autres choses sur la mimesis, le réalisme, etc (Ma liste longue comme le bras ne diminue pas vite).
Mais bon, Genette, Bakthine, James, Hutcheon et les autres c'est sympa, mais j'aime bien aussi lire des choses un peu moins sérieuses le soir pour m'endormir.
Du coup j'ai passé une petite commande Amazon avec que des bêtises:

Je sais, ça fait un petit moment qu'il est sorti celui-là mais je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire. Je ne pense pas que ça vole bien haut, mais je me dis que ça doit être marrant de voir ainsi stigmatisés mes travers et ceux de mes concitoyens.

Bon là, j'avoue, j'ai un peu honte de tomber dans la chick lit de base, mais après tout, ça doit être un autre genre de Bridget Jones et ça peut être sympa. Largement suffisant pour s'endormir paisiblement et faire de beaux rêves d'escarpins Louboutin et sac Lancel (là je parle vraiment pour moi parce que je pense pas que l'héroïne achète chez Lancel).

C'est le tome III de Millenium, que j'ai super hâte de lire. J'adore les polars, ils ne m'empêchent pas du tout de m'endormir, et ne me font faire aucun cauchemar. Par contre après je n'ose plus sortir de mon lit pour aller faire pipi (oui car c'est bien connu, la couette est le seul endroit où l'on est parfaitement à l'abri du psychopathe sanguinaire qui rôde dans l'appartement).
Bon, je vous ferai un compte-rendu une fois que j'aurai lu tout ça.
09:12 Publié dans Et tout le reste est littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
04.08.2009
Fini de rire
c'est pas le tout, mais faut se remettre au boulot. Une semaine de vacances (je veux dire de vraies vacances dépaysantes où on ne pense plus à rien, des vacances loin du train-train quotidien, loin de cette fatalité qui colle à ma peau comme dirait JJG (faut vraiment que j'essaie de participer à N'oubliez pas les paroles)) c'était génial mais trop bref (snif. petite larme de nostalgie). (J'entends déjà les méchants me rappeler que j'ai 6 mois de vacances dans l'année et que je suis payée à ne rien foutre le reste du temps, mais la bave du crapaud n'atteint pas le renard, comme a dit ma soeur l'autre jour (dois-je rappeler qu'elle a 22 ans?))
Malheureusement, maintenant que je suis pleinement remise du décalage horaire, je n'ai plus aucune excuse pour ne pas me remettre à mes lectures. Ben oui, parce que, aussi étrange que ça puisse paraître, la pile sur mon bureau n'a pas disparu comme par enchantement pendant ma semaine à New York.
Il me reste 4 livres de critique avant la rentrée, ce qui me paraît un peu trop ambitieux, mais bon, qui sait, sur un malentendu ça peut marcher. N'écoutant que mon courage, j'ai donc ouvert ce matin cet après-midi-même Le Personnel du roman de Philippe Hamon. Jusqu'ici c'est intéressant mais à vrai dire ça m'embête presque quand les bouquins empruntés à la BU sont intéressants, parce que je souligne tout, ce qui laisse présager des heures de recopiage ou photocopillage. Au moins quand ils ne sont pas bien ils sont vite lus et vite oubliés, et je les abandonne rapidos avec une joie non feinte (non sans les avoir mis quand même dans ma biblio gniark gniark. Nan je déconne).
A part ça je vis un drame (encore un) : vu que la pauvre E* mettait 40 minutes chaque matin à panser ses plaies purulentes de jambe et que
à mon retour, à cause du décalage horaire j'avais encore les yeux grands ouverts à 3h du matin, j'ai fini le tome II de Millenium plus vite que prévu. Me voilà fort marrie sans polar à me mettre sous la dent (le tome III en anglais ne sort qu'en octobre. Je tiens à dire au passage que les ilustrations des couvertures sont immondes). (D'ailleurs attention spoiler, Lisbeth est laissée pour morte à la fin du tome II, le suspense est insoutenable). Je me tâte : est-ce que j'achète un nouveau polar chez Gibert ou devrais en profiter pour lire The Book of Daniel ou The French Lieutenant's Woman que je n'ai finalement pas encore commencé? Je sais ce que me conseille la voix de la raison : lis des romans qui te seront utiles pour ta thèse, Millenium ou Harlan Coben n'ayant qu'un rapport assez lointain avec le postmodernisme. Mais si je l'écoutais, ça se saurait...
J'ai RDV avec L* pour un café tout à l'heure, peut-être mes pas me guideront-ils inconsciemment vers le rayon polar de G&J...
17:00 Publié dans Et tout le reste est littérature, M* thésarde | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
26.05.2009
Où l'on découvre que je ne lis pas QUE Glamour.
Comme prévu, je copie honteusement Princesse Soso (Je crois que j'ai compris comment insérer un lien, ce jour est à marquer d'une pierre blanche) et réponds à mon tour au questionnaire sur les bouquins.
1. plutôt corne ou marque-page ?
Ouh là, surtout pas de corne ! J’en serais malade, je ne supporte pas quand un livre est abîmé (c'est pour ça que j'aime pas les prêter à ma soeur, qui n'en prend pas assez soin). Mes copines de fac se moquaient toujours de moi parce que j’ouvrais à peine les bouquins qu’on étudiait pour qu’il n’y ait pas de marque sur la tranche (je suis la Monica des études littéraires). Et jamais je n’utilisais de stabilo pour surligner les citations importantes, ce genre de trucs. Je préférais tout recopier sur une fiche. (Jai juste dérogé à la règle pour l’agreg, et seulement pour les ouvrages critiques, parce qu’à force, recopier toute l’Edition CNED ou Atlande, ça me bouffait trop de temps)
Marque-pages donc, ou tout ce qui me tombe sous la main : ciseaux, reçu de carte bleue, téléphone portable, et le plus souvent crayon de papier (pour écrire dans les marges, souligner etc. Jamais de trucs ineffaçables genre stylo-bille) Ou alors, si je n’ai rien sous la main, je retiens le n° de page. Enfin j'essaie de retenir. Généralement j'oublie et je suis donc obligée de le feuilleter pour retrouver le bon chapitre.
2. As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui, pas mal. (L'intitulé de la question m'a fait penser à "j'ai reçuuu l'amour en héritaaage", suis-je normale?) Mes parents lisent énormément donc ils m’en ont achetés beaucoup. Mais aujourd’hui, le plus souvent, je me les offre (ben oui, comme n me croit (à juste titre) un peu superficielle, on m'offre plutôt des bijoux, du parfum, des fringues). J’adoooooore acheter de nouveaux livres, je repars toujours de chez Gibert avec le sourire et la mine conquérante.
3. Lis-tu dans ton bain ?
Non mais c’est peut-être parce que je ne prends jamais de bain (mais je me lave, hein, rassurez-vous. Sauf que je prends des douches). Je pourrais peut-être lire des magazines, mais pas de « vrais » livres, j’aurais trop peur de les abîmer.
4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui. J’adore écrire. Quand j’étais petite, j’écrivais des poèmes, que je rassemblais dans un cahier Super Limousin (ouais mon papa est instit alors on avait plein de cahiers de ce genre à la maison). J’ai aussi écrit des nouvelles, des ébauches de romans. Mais en fait je me lasse assez vite. Un jour, quand j'avais une 15aine d'années, j’ai commencé un roman policier. J’avais prévu toute l’intrigue, dessiné les plans de la maison où se déroulait le meurtre et tout. Mais après j’ai eu la flemme de décrire minutieusement les personnages, de construire des intrigues, d’inventer des dialogues qui ne seraient pas directement en lien avec l’histoire principale. J’avais envie de sauter directement à la résolution de l’énigme. Alors j’ai abandonné.
5. Que penses-tu des séries à plusieurs tomes?
J’aime bien suivre le parcours d’un personnage. Quand j’étais jeune ado j’ai lu et relu la saga Emilien de Marie-Aude Murail. C’était toujours un plaisir de le retrouver.
Récemment j’ai lu tous les bouquins d’Henning Mankell mettant en scène le détective Wallander. Et j’ai entamé avec plaisir la trilogie Millenium.
6. As-tu un livre culte?
Je crois que j’aurais du mal à en choisir un en particulier. C’est comme pour les films, j’ai toujours peur d’en laisser un de côté. J’en ai mis quelques-uns sur la page d’accueil du blog.
Plus jeune, outre les « Emilien « dont je viens de parler, j’ai lu « Je ne t’aime pas Paulus » d’Agnès Desarthe, que j’ai adoré. Je le relisais tous les ans. La suite est sortie quelques années plus tard et je l’ai achetée et lue récemment, même si j’ai passé l’âge. Parce que je le devais à l’ado que j’ai été.
En seconde au lycée j’ai étudié le Rouge et le Noir de Stendhal et j’ai bien aimé. La Chartreuse de Parme m’a moins convaincue, je me souviens avoir trouvé la fin bâclée. J’ai lu, pour le bac de français et pour le plaisir, beaucoup de romans de Zola.
J’ai eu aussi ma période pièces de théâtre, ou plus précisément tragédies, au cours de laquelle j’ai beaucoup lu Racine,
pour le plaisir (si, si). Je me revois aussi en vacances au ski à 14 ans avec Hernani (je sais que c’est pas de Racine, hein) sous le bras. La fille qui sait comment s’amuser.
J’ai lu des tonnes et des tonnes d’Agatha Christie. Aujourd’hui encore, de temps en temps, j’en prends un dans la bibliothèque. Je peux les relire à l’infini parce qu’à de rares exceptions près (Les Dix Petits Nègres, Mort sur le Nil, Le Crime de l’Orient-Express et Le meurtre de Roger Ackroyd) j’oublie aussitôt l’intrigue et l’identité du meurtrier.
Certains des bouquins étudiés à la fac m’ont également marquée, notamment Lie Down in Darkness de William Styron. Du coup j’ai lu aussi Sophie’s Choice, qui m’a beaucoup émue. Et j’ai aimé Faulkner bien sûr (on avait travaillé sur Sanctuary, mais j’ai aussi lu Le Bruit et la Fureur). Pride and Prejudice, redécouvert pour l’agreg, reste un de mes livres préférés. Le programme du concours m’a également permis de découvrir Tristram Shandy, que je n’aurais sans doute pas lu spontanément mais qui m’a impressionnée (et beaucoup fait rire). (Tiens, pourquoi c'est écrit plus petit?)
Quand mon père m’a fait découvrir Raymond Carver, j’ai su que ce serait sur lui que je bosserais en maîtrise. Et il m’accompagne encore en thèse. La lecture de « Continental Drift » de Russell Banks m’a beaucoup marquée, d’ailleurs je l’ai offert à mon père aussitôt.
Je pense que j’en oublie des tas, mais bon.
8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimés ?
Je crois que je ne sautais pas trop quoi leur dire, j’aurais peur de virer groupie ridicule.
En plus Carver est mort, alors...
9. Aimes-tu parler de tes lectures ?
J’aime bien parler aux autres des livres que j’ai aimés et recevoir des conseils. Et j’aime bien qu’on me raconte de quoi parle tel ou tel bouquin.
10. Comment choisis-tu tes livres ?
Souvent je cherche des classiques de la littérature anglo-saxonne pour compléter ma bibliothèque. Sinon j’achète des bouquins dont j’ai entendu du bien (dans les médias ou par des amis).
J’essaie de choisir la même collection pour tous les bouquins d’un même auteur pour que ça fasse plus joli sur mes étagères, mais c’est pas toujours possible !
11. Une lecture inavouable ?
Non, j’assume tout, je crois. Du magazine à la c.. à La Critique de la raison pure (que j’ai jamais lue, en fait, (je crois qu’il était au programme de khâgne à mon époque, mais j’ai abandonné la prépa avant) et je ne m’en porte pas plus mal).
12. Des endroits préférés pour lire ?
Un bon fauteuil, avec une couverture s’il fait un peu froid, un petit paquet de biscuits sur la table basse à côté, le chat sur les genoux.
Ou alors, le soir, mon lit.
13. Un livre idéal pour toi serait ?
Un livre qui soit d’abord joli à regarder, qui me montre une facette inconnue de la vie et m’encourage à m’interroger sur mes choix, et qui ne se finisse pas forcément bien mais que je referme en ayant l’impression d’avoir grandi.
14. Lire par dessus l'épaule ?
Dans le bus ou le train, je lis par dessus l’épaule de ma voisine, non pas un bouquin mais les derniers potins de Closer. Mais j’ai horreur qu’on me fasse ce genre de choses.
Dans le train, j’aime bien regarder ce que les gens lisent, découvrir le titre et la couverture des bouquins qu’ils tiennent. Je me demande pourquoi ils l’ont choisi, j’essaie de deviner de quoi ça parle.
15. Télé, jeux vidéos ou livre?
Ca dépend des jours. Je ne pense pas que les 3 soient incompatibles, d’ailleurs je fais souvent les 3 dans la même journée. Lecture le matin, un peu d’ordi ou une partie de Mario Kart, re-lecture l’aprèm et TV le soir.
16. Lire et manger ?
Un petit carreau de chocolat ou un verre de thé glacé dans une main et le bouquin dans l’autre, pourquoi pas. Les matins quand je petit-déjeune seule, au lieu de lire le dos du paquet de céréales pour la 12ème fois j’aime bien feuilleter un magazine féminin ou le Télérama.
17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?
La musique m’empêche d’être concentrée sur ce que je lis. Si c’est un magazine ou un polar, c’est pas grave. Si c’est un ouvrage critique ou un bouquin de mon corpus, c’est déjà plus embêtant.
18. Lire un livre électronique ?
J’ai l’impression que ça doit arracher les yeux ce genre de trucs. Et je trouve ça dommage, on perd le contact avec le livre : toucher la couverture, respirer l’odeur du neuf.
19. Livres empruntés ou livres achetés ?
J’aime bien posséder. Acheter des livres, les ranger dans ma bibliothèque me procure toujours un certain plaisir. Il m’arrive aussi d’acheter des bouquins que j’avais d’abord empruntés, parce que je les considère comme incontournables, par exemple. Et puis mon raisonnement peut être tout pragmatique : je fréquente pas mal la BU dans le cadre de mes recherches, mais si je vois que le bouquin est vraiment intéressant et qu’il faut que j’en recopie ou photocopie les ¾ j’aime autant l’acheter (à condition que le prix soit raisonnable), ça me gagne du temps et de l’énergie.
20. Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?
Je viens de finir In Defence of Realism de R. Tallis qui m’a gavée, et que je ne vous recommande pas (surtout si vous n’en avez rien à carrer du réalisme), et The Utlimate Good Luck de Richard Ford. J’aime bien lire en parallèle une œuvre de fiction et un bouquin critique. J’attaque Mythologies de Barthes (toujours dans l’optique de la thèse), et je lis en même temps un polar d’Henning Mankell (encore lui) intitulé Kennedy’s Brain, que j’aime beaucoup mais qui me plombe complètement le moral (c’est l’histoire d’une mère qui enquête sur la mort de son fils unique, j’ai connu plus gai).
21. As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre ?
Oui mais je n’aime pas ça. En général je me force à aller au bout. Mais ça m’arrive quand même, sauf si je suis obligée de le lire pour un cours/pour la thèse. Il y a eu une période où je me disais qu’il fallait absolument que je lise Madame Bovary. Alors je m’y mettais chaque été, mais je ne dépassais jamais la dixième page à peu près, et la description de la casquette de Charles. Aujourd’hui encore je considère que c’est honteux, ou peut-être pas honteux, mais vraiment dommage, de ne pas l’avoir lu, Ca manque à ma culture. Cet été, peut-être ?
22. Tu tagues qui ?
Qui en a envie.
16:08 Publié dans Et tout le reste est littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.04.2009
Pride and Prejudice / Orgueil et Préjugés
Ah Pride and Prejudice... (soupir ému). L'un de mes bouquins préférés, dont je connais les premières phrases par coeur (et presque tout le reste aussi, "grâce à" l'agreg.)
Un dimanche pluvieux de mars 2006, je suis lectrice en Angleterre. L'un de mes colocs me voit me mofondre devant un vieux Cosmo et me propose de découvrir le fameux feuilleton dont me parlent toutes mes étudiantes anglaises : l'adaptation par la BBC du classique de Jane Austen. "Why not, me dis-je. Ca me changera des peines de coeur de Jennifer Aniston."
Le feuilleton est composé de 6 épisodes d'une heure. Que j'ai regardés d'affilée. Puis re-regardés.
Quelques semaines plus tard, c'est mon anniversaire. Mes 2 collègues lectrices, qui sont toujours mes amies aujourd'hui d'ailleurs (non que ça ait un lien de cause à effet), m'offrent le coffret du feuilleton en DVD. Une semaine plus tard, le programme de l'agreg tombe : entre autres, Pride and Prejudice et son adaptation filmique. Le destin, quoi ;-) Hélas ce n'est pas la version de la BBC qui est retenu mais une adaptation plus récente avec Keira Knightley.
Que je vous explique le drame que ce choix stupide a pu provoquer en moi. Pride and Prejudice, c'est une histoire d'amour, hein, forcément, c'est Jane Austen. Plus précisément, c'est l'histoire d'Elizabeth Bennet, jeune et jolie héroïne comme il se doit, mais qui n'a pas un radis. Elle a 4 soeurs, et le problème c'est que dans cette formidable société patriarcale, leur domaine doit revenir au plus proche héritier mâle. Conclusion: la seule possibilité pour elles de s'en sortir, c'est de se marier à un homme riche. Leur mère qui est bien brave mais complèment frappée a donc pour unique but de caser ses filles, ce qui ne va pas faciliter la tâche d'Elizabeth, menfin je ne vous raconte pas tout, vous n'avez qu'à le lire. Tout ce qu'il faut savoir, c'est que l'histoire d'amour principale (parce qu'il y en a plusieurs, des plus ou moins heureuses, plus ou moins compliquées, plus ou moins réussies) va se jouer entre Elizabeth, donc, et Fitzwilliam Darcy. Qui certes est doté d'un prénom d'un goût disons discutable, mais qui (et vous allez enfin voir où je veux en venir depuis tout à l'heure) est interprété dans la version BBC par un jeune et fringant Colin Firth (le Darcy de Bridget Jones, qui d'ailleurs est une version moderne de P&P mais je vais pas entamer un cours magistral maintenant). Voyez plutôt:

Comment vous dire? Mon petit coeur de midinette se serre dès que je le vois. A chaque lecture de sa demande en mariage, je suis presque en transe. Moi je dis, c'est quand même 10 fois plus agréable de bosser l'agreg en fantasmant sur Colin/Fitzwilliam en même temps. (En plus je suis tombée dessus à l'oral: "Interférence dans P&P", vous avez 5h). Hélas, mille fois hélas, dans la version cinématographique de 2005 le Darcy choisi ressemble à s'y méprendre à Droopy et passe le film entier la bouche ouverte et l'air bovin à regarder Keira Knightley avec un air éperdu. Bref il n'a pas la prestance d'un vrai Darcy.
En tout cas, heureusement qu'il est beau (et très riche), ce Mr. Darcy. Parce que côté diplomatie on repassera. Il tombe amoureux d'Elizabeth dès qu'il la voit. Mais il n'y fait rien, d'abord parce qu'ils ne sont pas de la même classe sociale, et puis elle s'amourache d'un soldat qui dit du mal de lui, ce qui n'arrange pas les choses, et en plus, elle le trouve super pédant (bon elle n'a pas tout à fait tort). Puis un jour il ne tient plus et il lui fait sa déclaration. C'est trop beau, de voir sa passion s'exprimer de la sorte, surtout quand ça fait la moitié du bouquin (soit 150p) qu'on attend ça. Voyez plutôt (sorry pour les non-anglicistes): "In vain have I struggled. It will not do. My feelings will not be repressed. You must allow me to tell you how ardently I admire and love you". [NB: j'ai repris pour avoir la citation exacte le bouquin que j'utilisais à l'agreg et je regrette de ne pas pouvoir vous scanner la page, parce que ce que j'y ai retrouvé m'a fait rire : voici ce que l'agrégative sérieuse que j'étais avait écrit dans la marge à cet endroit-là : "wouhou!!"]
Le souci, c'est qu'il faut bien admettre qu'il s'y prend quand même comme un manche. Déjà Elizabeth en reste comme deux ronds de flan, parce qu'elle ne s'y attendait pas du tout vu qu'ils ont passé la moitié du bouquin à se disputer/s'ignorer/mal interpréter les faits et gestes de l'autre. Et en plus, quand il poursuit, il lui dit en substance : "Je vous aime, mais c'est bien malgré moi, c'est-à-dire malgré le fait que vous soyez bien en dessous de ma classe sociale et que vous apparteniez à une famille de dégénérés. Avouez que vous seriez bien cruche de ne pas me dire oui". Forcément, Elizabeth (qui a du caractère, elle, contrairement à certaines) l'envoie promener en lui disant grosso modo qu'il est bien la dernière personne au monde qu'elle voudrait épouser, non mais des fois. J'adore ce passage, sans doute parce que c'est Jane Austen et que ce qu'elle écrit est quand même bien plus recherché que mon résumé express, et aussi parce que je sais que de toute façon ça se finira bien.
Bref je n'en dis pas plus. Je vous conseille de lire ce livre si ce n'est pas déjà fait (et de regarder Colin Firth qui sort du lac avec sa chemise mouillé dans la verison BBC (image qui a marqué les esprits de générations d'Anglaises / et d'Anglophiles!)). Il est beaucoup moins cucul qu'il ne laisse paraître. Il y a quand même une bonne dose d'humour et d'ironie, voire une certaine cruauté par moments chez Jane Austen. Ce n'est pas une grande féministe mais elle sait quand même, mine de rien, dénoncer certains travers de la société de classes de l'époque, souligner l'hypocrisie du mariage dans certains cas (surtout pour les filles) et jouer avec les codes de la littérature de l'époque : la fille perdue, le roué, la bourgeoise vaine, l'arriviste etc etc.
Allez, une petite dernière pour la route:

16:41 Publié dans Et tout le reste est littérature | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
20.03.2009
conseils méthodologiques par P. Verlaine.
Je ne résiste pas au plaisir de rappeler à votre bon souvenir le très beau poème de Verlaine qui m'a inspiré le titre de cette rubrique.
Ecrivaillons de tous poils, vous savez ce qu'il vous reste à faire!
Art poétique
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.
C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !
Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !
Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?
O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?
De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.
Interprété par Léo Ferré, ça donne ça (c'est peut-être ringard mais moi j'aime)

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05.03.2009
C'est jeudi, c'est poésie
Contrairement à ce que mes articles sur les fringues, les sacs et le McFlurry laissent à penser, je ne suis pas une coquille vide. (Enfin je l'espère. Disons que je fais ce que je peux).
Je me propose donc d'inaugurer aujourd'hui une nouvelle rubrique dans laquelle je vous ferai découvrir ou redécouvrir les textes qui me touchent, en anglais, français, et c'est à peu près tout parce que mon italien est un peu lointain (che vergogna, dire que ma maman est italienne).
Voici pour commencer l'un des très beaux poèmes que René-Guy Cadou (poète que je lisais beaucoup quand j'étais une jeune fille en fleur) a écrit pour sa femme Hélène.
Je t'atteindrai Hélène
A travers les prairies
A travers les matins de gel et de lumière
Sous la peau des vergers
Dans la cage de pierre
Où ton épaule fait son nid
Tu es de tous les jours
L'inquiète la dormante
Sur mes yeux
Tes deux mains sont des barques errantes
A ce front transparent
On reconnaît l'été
Et lorsqu'il me suffit de savoir ton passé
Les herbes les gibiers les fleuves me répondent
Sans t'avoir jamais vue
Je t'appelais déjà
Chaque feuille en tombant
Me rappelait ton pas
La vague qui s'ouvrait
Recréait ton visage
Et tu étais l'auberge
Aux portes des villages
Chanté par Môrice Bénin c'est encore mieux (mon papa est fou de chanson française, ça se voit?), mais je ne sais pas pourquoi, je sens que je ne vais pas le trouver sur Deezer pour vous le faire écouter.
10:47 Publié dans Et tout le reste est littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









