28.12.2009
Bilan au bout d'une semaine de vacances
(J'ai beau chercher, je ne trouve jamais de titre percutant et original.)
(j'écris sur un netbook (ou notebook, je ne sais jamais) et le clavier est tout petit alors il y aura encore plus de fautes de frappe que d'habitude).
Souvenez-vous, il y a quelques jours je mettais en place un programme de boulot et me mettais au défi de faire 2-3 choses. Car oui, ma vie est pleine de suspense, de rebondissemnts et dévéneents fascinants.
Je peux donc vous annoncer non sans fierté
1/ que j'ai enfin ouvert ma bouteille de Destop (que quelqu'un me soit venu en aide n'entre bien sûr pas en ligne de compte, le résultat est le même : mon siphon est débarrassée de mes millions de cheveux).
2/ que j'ai fini de corriger toutes mes copies, de relever toutes les notes, de taper et d'imprimer la correction.
3/ que j'ai cherché des textes intéressants pour le deuxième semestre. Bon pzar contre je n'ai pas commencé à les traduire.
4/ que j'ai fiché mon premier livre critique
5/ que j'ai lu Freud en vue de ma com de mars (d'ailleurs ça ne m'a pas beaucoup éclairée)
Mais malheureusement:
1/ je n'ai pas encore trouvé d'utilité au petit carnet (mais m'en fous, il est troooop joli)
2/ je n'ai pas beaucoup avancé le 2ème bouquin critique même si j'ai commencé à le ficher
3/ j'ai terminé mon polar en deux temps trois mouvements alors que je devais le faire durer et je n'ai plus rien pour ce soir. J'ai été un peu déçue par la fin de ce bouquin (Un coupable trop parfait de P. McDonald), mais c'est souvent le cas dans les polars (sauf ceux d'Hehhnign Mankell). Là c'était trop capillotracté et en même temps le mobile est un peu faiblard selon moi. J'achèterais bien la trilogie suédoise (j'aime bien les poiciers suédois) de Camilla Je ne sais quoi, mais j'avoue que 60 euros ça me fait un peu suer vu tout ce que je dépense en romans, bouquns critiques etc dans l'année (et en plus c'est bientôt les soldes, faut que je garde mes sous pour karen millen huhu). j'attendrai peut-être que ça sorte en poche.
4/ j'ai pas encore cherché de plan pour ma thèse. J'ai tellement l'impression que je suis déjà trop en retard et que je ne vais jamais y arriver que cette nuit j'ai même rêvé que j'annonçais à mon directeur de thèse que je voulais tout plaquer. Je me suis réveillée avant d'avoir sa réaction (je pense qu'il m'aurait étranglée.)
Sinon, vous aussi vous avez l'impression que le foie gras vous sort par les pores de la peau?
11:57 Publié dans M* thésarde, Teaching, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.12.2009
To Do List
En bonne fonctionnaire, je suis perpétuellement en vacances. Mais du coup, ne sachant plus faire la différence entre les jours de boulot et les jours fériés, me voilà (enfer et damnation!) avec du boulot à faire pendant les vacances! Laissez-moi donc vous présenter
LA LISTE DES CHOSES TROP PASSIONNANTES A FAIRE PENDANT LES VACANCES DE NOWEL:
1/ Corriger mes 65 copies de version. Notons que j'en avais 74 lors du premier devoir, mais apparemment 9 personnes solution a) ont eu la gastro en cette dernière semaine et n'ont donc pas pu se présenter en cours OU solution b) se sont dit qu'un devoir dans le semestre c'était amplement suffisant. Hé ho, faut pas pousser, l'examen n'est qu'en mai après tout! (Il y a aussi ceux qui ne m'ont rendu aucun devoir et le vivent très bien, ceux qui ne sont même pas venus récupérer leur premier devoir, ceux qui ont séché la correction alors qu'ils ont eu 04, etc. L'université est pleine de gens stupéfiants).
2/ Lire les 2 livres critiques que j'ai fait venir par le PEB (Prêt Entre Bibliothèques). Là je n'ai guère le choix parce qu'ils sont à rendre le 4 janvier. J'en ai déjà lu un, il me reste à reprendre mes notes.
3/ Préparer un dernier texte ou une autre activité pour le dernier cours du semestre. J'ai des tas de textes sous la main donc ça ne devrait pas poser problème. J'envisageais aussi de leur faire une autre petite activité un peu plus marrante, en leur faisant corriger par exemple des traductions officielles ou des sous-titres de films défaillants. Mais il faut que je voie si c'est faisable facilement (en sachant que je n'ai aucun matos vidéo ou informatique et qu'il faut donc que je me débrouille avec un tableau vert et à la rigueur des photocopies.)
4/ Chercher des textes de thème pour le deuxième semestre. Et les préparer, tant qu'à faire. J'en ai déjà 3 ou 4 mais je voudrais m'avancer plus pour être tranquille.
5/ Travailler sur ma communication de mars. Parce que mon directeur commence à m'en parler beaucoup. Et que c'est vrai qu'il vaut mieux s'y prendre tôt pour ne pas être pris au dépourvu et se retrouver à trimer comme une malade les 15 derniers jours. Je dois notamment réfléchir à la notion de trauma et lire des parties de Névrose, Psychose et Perversion de ce bon docteur Freud.
6/ Réfléchir sérieusement à un plan de thèse. Parce que ce serait bien que je me mette à rédiger bientôt quand même. J'aurais sans doute plus l'impression d'avancer. Pis je veux pas traîner tout ça pendant dix ans même si je plaisante là-dessus en disant que je soutiendrai en 2019 (si ça arrive vraiment je crois que j'y laisserai ma santé mentale). Et surtout, je dois faire des doctoriales fin mai, et à ce moment-là faudra quand même que je sache bien de quoi je parle si je veux que ce soit bénéfique. (NDLR : des doctoriales c'est une sorte de réunion pour doctorants où chacun présente son sujet, ses avancées et ses difficultés devant des experts censés te dire ce qui va, ce qui ne va pas, ce que tu devrais lire, dans quelle direction tu devrais aller etc.) En plus, drame je viens d'apprendre que pour être pris à ces doctoriales il faut donner une sorte de proposition de communication avant le 15 février! Argh! Horreur, malheur! Ca veut dire qu'il faut quand même que j'aie une petite idée de plan (et de ce que je vais mettre dedans) avant cette date fatidique du 15 février, qui va être très vite là...
Ce qui m'angoisse en contemplant cette liste, c'est que je sais déjà que je ne ferai pas tout parce qu'entre les keupines, les réunions de famille et je ne sais quoi j'aurai moins de temps que je l'imagine. 15 jours ça passe vite mine de rien. Bon je vous ferai un bilan post-vacances qui je l'espère ne me fera pas trop rougir.
PS : A part ça, je sais que vous vous demandez avec angoisse si j'ai finalement pu mettre la main sur des patates pour cuisiner cette tartiflette dont j'avais tant envie. Rassurez-vous, la réponse est oui. J'ai même frôlé l'overdose vu que je me suis retrouvée avec un énorme plat à gratin à vider. En tout cas, l'envie m'est passée!
12:28 Publié dans M* thésarde, Teaching | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : petit papa noël, amène-moi un plan de thèse
13.12.2009
Coup de vieux
N'empêche, j'aime bien enseigner. Bon, quand il faut traîner la classe à bout de bras pendant tout le cours parce que personne n'a envie de participer (pour différentes raisons, les plus courantes étant par flemme (lever le bras et parler est trop fatigant, la fayotte du devant va bien se dévouer) / parce qu'ils n'ont pas préparé leur texte / parce que c'était soirée médecine la veille et que c'est l'heure où ils décuvent) c'est pas marrant. Mais la plupart du temps c'est franchement sympa.
Je n'ai pas tant d'écart que ça avec eux: 8 ans, voire moins parce que certains ont eu un parcours un peu chaotique avant d'arriver en anglais (genre ils en sont à leur 4ème première année, et ont essayé successivement droit, psycho et histoire avant d'opter pour Shakespeare). Mais déjà je sens un décalage, lorsqu'ils évoquent une chanteuse dont je n'ai JAMAIS entendu parler (j'ai même oublié son nom, mais les étudiants m'ont rassuré en disant qu'elle ne valait pas tellement la peine d'être connue) ou lorsque je dis que pour leur faire deviner tel mot, je vais utiliser la même technique que dans Pyramide, et que quelqu'un s'écrit "Mais c'est super vieux, ça!". Euh merci. De toute façon, je vous l'ai dit, j'ai déjà senti le virage s'amorcer lorsque je n'ai pas participé au pogo au concert de Muse (et que j'ai regretté de ne pas avoir de place assise, parce qu'au bout d'un moment ça fait mal au dos). La dernière fois que je les avais vus c'était aux Eurocks en 2000, j'avais 17 ans et malgré la pluie et le froid (au mlois de juillet, oui oui), j'avais sauté par tout. Je ne devais pas avoir mal au dos en cette époque bénie.
Bref.
Heureusement, forte de ma grande expérience à Mario Kart, j'ai pu leur expliquer pourquoi le champignon de Mario s'appelle Toad (qui veut dire "crapaud" en anglais (mais "toadstool" c'est "champignon vénéneux").) Hé ouais.
09:11 Publié dans Teaching | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mario kart mène à tout, fac, étudiants poil aux dents
23.11.2009
En demi-teinte
Mélange de joies et de peines la semaine dernière.
Mon grand-père est à l'hôpital de Maville et la famille se relaie pour aller le voir (tout le monde habite à 90 km d'ici, sauf moi bien sûr). Jeudi j'ai enfin pu mettre la main sur le médecin, qui a bien pris le temps de m'expliquer la situation. En résumé, c'est mauvais, mais on attend d'autres résultats d'examens qui permettraient peut-être d'avoir un petit espoir (opération peut-être envisageable).
Vendredi matin, j'ai dû pousser un coup de gueule avec l'un de mes groupes de version, pourtant enthousiaste et sympathique d'habitude. Sur 25 personnes je pense que 4 étudiants à tout casser avaient préparé le texte. J'ai peut-être trop d'illusions, parce que j'étais une étudiante sérieuse qui bossait, mais je suis franchement déçue par leur comportement. Ca me fait halluciner de les voir aussi apathiques et tire-au-flanc après 6 semaines de cours seulement, dans une filière qu'ils sont censés avoir choisie. C'est fatigant en plus de devoir pousser et tirer une classe qui n'a rien fichu et ne veut donc pas participer (parce que sans dicitionnaire beaucoup n'alignent pas 4 mots, vu qu'ils sont peu familiers de l'exercice) et qui voudrait se contenter de recopier la correction que je propose sans s'être confronté une seule seconde au texte. Quand je leur ai fait part de mon mécontentement, en leur faisant remarquer qu'ils étaient maintenant adultes et qu'ils devaient se prendre en main sans attendre que leur maman les pousse au travail, et qu'ils ne mettraient pas les pieds en licence à ce train-là (ben quoi, c'est vrai!), certains (certaines, plutôt) ont juste affiché un sourire narquois. Un groupe de filles à qui j'avais déjà fait une remarque au cours précédent a passé l'heure et demie à bavarder (je précise au passage que lorsque je les ai interrogées, à ce cours et au précédent elles ne savaient rien dire parce qu'elles n'avaient rien fait). A la fin de l'heure, je leur dis donc qu'elles feraient peut-être mieux de ne pas venir à mon cours, vu le bénéfice qu'elles en tirent. Et là, une fille de la bande se met à hurler : "Ouais vas-y ça m'énerve, ça! blablabla De toute façon vous avez aucune preuve qu'on a pas préparé, là c'était exceptionnel (yeah right!) blablabla" et elle empoigne ses affaires et se casse avec un "Bon WE" cinglant. Moi qui n'ai pas encore mis les pieds dans le secondaire, j'ai eu un instant l'impression de me retrouver au collège, ce que je n'ai pas manqué de lui faire remarquer. Bref la suite au prochain épisode, mais je ne suis pas convaincue que mon coup de gueule aura suffi à les mettre au travail. Apparemment les autres profs trouvent aussi que les 1ères années sont de sacrés fumistes cette année. Un prof de thème a quand même trouvé dans un devoir "mar" pour traduire "mer"! Même mes parents qui ne parlent pas anglais savent que la mer c'est "the sea".
Samedi, après un nouveau petit tour à l'hôpital avec ma grand-mère et mes parents, j'ai retrouvé mes keupines pour un peu de lèche-vitrines et un petit resto. Nous avons bien entendu visité le point Karen Millen des Galeries. La-keupine-qui-a-le-même-prénom-que-moi (pas pratique!) et J* ont essayé des tas de robes de réveillon trop jolies et trop hors de prix. J'ai passé mon tour cette fois-là, je n'ai même pas voulu essayer juste pour le plaisir comme elles l'ont fait. En plus, j'ai atteint mon quota de robes, et je veux qu'il me reste de l'argent pour les cadeaux de Noël!
Dimanche matin, réveil tardif et long petit-déjeuner-potinage avec A* que je n'avais pas vue depuis lontemps et qui était restée dormir chez moi. J'aime bien ces dimanches chauds et douillets.
Ensuite j'ai commencé à corriger mes 75 copies (premier devoir maison de l'année) avant de me faire un petit ciné : L'Imaginarium du Docteur Parnassus. Il est joli visuellement (un univers qui rappelle furieusement Tim Burton), mais l'histoire est un peu décousue et selon moi sans intérêt. M'enfin c'était ça ou 2012 (no way!), ou encore Twilight, qui ne me dit rien même Robert Pattinson est un vampire plutôt appétissant.
Le soir j'ai fini Confessions of a Shopaholic qui ne restera pas dans les annales mais que j'ai préféré à A Year in the Merde. (Ma vie est vraiment passionnante).
Programme de cette semaine : j'attaque Millenium tome 3, je corrige joyeusement mes copies (mes cours sont déjà prêts, je suis tranquille de ce côté-là), je ne me laisse pas affecter par le comportement des étudiants, je vais voir mon papi, je vais à la soutenance de thèse d'une amie, et je bosse la mienne, de thèse.
Bonne semaine à vous!
11:35 Publié dans M* thésarde, Teaching, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : le travail c'est la santé, karen millen is our goddess comme d'hab, ma vie est palpitante
22.10.2009
Qu'est-ce que je vous disais?
On croirait que la secrétaire du département d'anglais lit ce blog. Et qu'elle cherche à me donner raison au sujet de mon statut (cf l'article d'hier).
Aujourd'hui, avant mon cours, je suis passée devant le tableau du département, qui indique les dates et lieux des réunions, les modalités d'examens, les numéros des bureaux et heures de réception des profs, bref toute info susceptible d'intéresser les étudiants. Surtout, le tableau arbore un splendide trombinoscope avec la tronche de tout le personnel du département, des lecteurs aux maîtres de conf en passant par les bibliothécaires, sans oublier bien entendu moi-même (d'ailleurs je ne sais pas ce qui m'a toquée le jour où je suis allée faire cette photo mais j'avais mis un haut super décolleté. Ca ne fait pas très sérieux). Ce trombinoscope, je passais toujours devant en ricanant avec mes copines quand j'étais étudiante parce que les photos ne sont pas très flatteuses (euphémisme). Maintenant que je suis dessus, bizarrement je ne ris plus. Mais justement today mon oeil de lynx remarque que la disposition des fameuses photos a changé. A* (l'autre allocataire-monitrice, ou AM pour les intimes, ou AMEN (je déconne pas) pour les gens vraiment précis) et moi qui errions auparavant en plein milieu du chemin sommes coincées sur un côté. En dessous, une petite étiquette indique "monitrices". Au-dessus et à gauche de nos mines de hamster réjoui se trouve le reste du corps professoral. Avec leur propre petite étiquette : "enseignants". Forcément.
Je suis en pleine crise identitaire.
18:28 Publié dans Teaching | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : les faux profs sont dans la place
21.10.2009
Je m'appelle M* et je suis doctorante ascendant fausse prof.
Ma môman est prof d'italien (et pour répondre à vos interrogations, oui elle est un peu triste que j'aie plutôt choisi d'étudier l'anglais alors qu'elle trouve que c'est une langue très moche, et que la moitié de ma famille est italienne). L'autre jour, un de ses collègues prof de maths lui a demandé ce que faisaient ses filles (donc moi et ma soeur). Et quand ma mère lui a expliqué que je faisais une thèse en littérature il a (enfin "il aurait", je devrais utiliser le conditionnel parce que je n'étais pas présente, objectivité journalistique toujours) ricané en répondant "ha ha je ne savais même pas que ça existait les thèses en littérature". "Gros con" rétorqua ma mère mentalement. Mais comme elle est polie (parfois)je crois qu'elle s'est contentée de le regarder de travers.
La vie de thésard n'est pas de tout repos, on passe la moitié de son temps à se justifier. Déjà la plupart des gens ne comprennent pas qu'on aime les études au point de les rallonger pour le plaisir ce qui me vaut régulièrement des "mais ça sert à quoi?" et des regards consternés ("la pauvre, elle finira vieille seule et aigrie, dévorée par son chat"). Ensuite ils pensent effectivement que ça n'existe que dans les domaines scientifiques (ou à l'extrême rigueur en Histoire s'ils ont vu On Connaît la Chanson), d'où la question récurrente, plus ou moins fielleuse selon la personne qui la pose: "Mais ça consiste en quoi en fait la recherche en littérature/en langues?" Je tiens à préciser que cette question m'a été posée plusieurs fois non par des individus lambda auxquels on peut pardonner parce qu'ils ont le droit de ne rien y connaître, mais par d'autres doctorants (mais venant de domaines scientifiques, donc persuadés que leurs travaux à eux, qui sont rigoureux et pas des élucubrations de femmes saoûles comme les nôtres, font révolutionner le monde). Il y a même quelqu'un qui a dit un jour à une copine doctorante en espagnol : "c'est quoi le principe? Vous cherchez des nouveaux mots?" Elle a eu envie de lui rétorquer qu'effectivement il n'y avait pas encore de mot pour qualifier sa connerie, mais elle n'a pas osé. Perso je crois que la prochaine fois j'oserai. Et à celui qui me demande à quoi ça sert je dirai "à rien". Marre d'expliquer en long en large et en travers à des gens sceptiques et arrogants que la culture, c'est quand même un peu ce qui nous élève au-dessus de l'animal et que donc c'est important de la préserver. Que la littérature est pour moi une source d'épanouissement et d'enrichissement perpétuel, que lorsqu'un texte/un auteur nous intéresse, on a envie de creuser, de se l'expliquer et de le faire découvrir aux autres.
Quand on est allocataire-moniteur comme moi, et donc qu'on a une bourse ministérielle assez conséquente (euh pas 2000 euros non plus hein, ne vous emballez pas) pour faire ses recherches (la fameuse allocation de thèse) et qu'on enseigne en même temps, mais seulement 64h à l'année, faut se justifier deux fois plus. Déjà personne ne comprend rien à ce statut bâtard. Y'a qu'à voir le mal que j'ai eu à convaincre mon agence immobilière de me louer mon appart parce que j'aurais un salaire fixe et tout. Ou y'a qu'à voir mes oncles et tantes (que j'aime et à qui je ne prête aucune mauvaise intention, par contre) me demander ce que je fais cette année (ben comme l'année dernière!) et si après je vais enseigner, et si je vis encore aux crochets de mes parnets. Ensuite certains pensent qu'on est juste payé à glander, ce qui est proprement scandaleux, abattons tous ces fonctionnaires (en plus ça fait un peu pseudo-fonctionnaire dans mon cas). Coupler les fonctions de thésard et de prof, faut être vicieux quand même. Non mais c'est vrai. Faut vraiment avoir envie de se faire critiquer. Je tiens quand même à signaler que je me suis dépouillée tout au long de mes études, et notamment pour avoir cette allocation de thèse. J'ajouterai sans vouloir paraître pédante que ce n'est pas si facile d'en obtenir une (dans ma fac il fallait être agrégé et avoir eu un M2 (soutenu en mai/juin) avec mention TB, et ensuite passer un oral pour présenter son projet de thèse, et comme on est en "compétition" avec les autres thésards de sciences humaines, on, n'est pas sûr du résultat, il n'y a pas forcément chaque année une allocation réservée à l'anglais).
Tout ça pour dire que j'estime ne pas avoir volé ma place et que donc j'aimerais bien qu'on me foute la paix. Non mais!
Enfin ça nous permet d'en rire entre nous. Nous, c'est moi et les autres monitrices et ATER (attachés temporaires d'enseignement et de recherche, qui couplent aussi thèse et enseignement mais font le même nombre d'heures qu'un maître de conf') que je connais. On est 6, 3 anglicistes et 3 hispanistes, 5 filles et un garçon, et entre nous on s'amuse à se surnommer les "faux profs" à cause du statut bâtard dont je viens de vous parler. On se retrouve régulièrement autour d'un verre ou d'une pizza pour se plaindre de nos thèses qui n'avancent pas assez vite (enfin sauf pour J* qui soutient bientôt!) et de certains étudiants trop mous ou (c'est plus souvent le cas cette année) trop arrogants. Justement on s'est vus hier soir, ça m'a remonté le moral. On se rend compte qu'on a tous exactement les mêmes problèmes, et partager nos angoisses nous fait du bien. On se sent moins seul et désemparé face à nos bouquins.
Et puis je voudrais pas paraître faire de la lèche à M* aussi et à mon directeur de thèse, mais dans notre département on a aussi la chance d'avoir des maîtres de conf' jeunes et qui n'ont pas la mémoire courte, c'est-à-dire qu'ils se souviennent être passés par là y'a pas longtemps et qu'ils se montrent dispos pour donner des tuyaux, prêter des bouquins, nous tenir compagnie aux colloques etc (et même donner sa thèse, pas vrai? ;-) )
A part ça il pleut, faut absolument que je me trouve des chaussures plates adaptées à la pluie (les dernières chassures que j'ai achetées sont des salomés à talons vertigineux en daim, autant dire que j'ai tout faux). Dommage que je n'arrive pas à remettre la main sur mes vieilles Docs du collège/lycée, ça revient à la mode.
Châtaigne est complètement folle: depuis quelque temps elle se met à lécher tout ce qu'elle trouve, en particulier mon bureau, mon ordi et mon sac, bref des choses dont je ne pensais pas qu'elles pouvaient être appétissantes...
Bon, faut que je me remettre à mon bouquin sinon je vais encore culpabiliser!
16:59 Publié dans M* thésarde, Teaching, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
06.07.2009
L'heure est grave
1/ J'ai l'impression que Châtaigne me fait la tronche. Depuis quelques jours elle ne se colle plus sur mes genoux pour se faire câliner. Et elle a encore vomi toutes ses croquettes cette nuit. Je la soupçonne d'être en plein crise d'ado.
2/ Je n'arrive plus à jouer à TLMVPSP. Je ne sais pas si c'est mo ordi qui bugge ou leur site, mais je me suis fait sucrer mes 3 parties gratuites parce que le jeu a coincé à chaque fois juste après la 1ère manche. Je suis outrée.
3/ J'ai bel et bien fini par acheter la robe Karen Millen que je convoitais. Ca m'énerve de ne pas être capable de résister. Maintenant je croise les doigts pour qu'un événement quelconque se présente (soirée restau chic, mariage, baptême, je ne sais quoi) pour que je puisse la mettre. sans avoir l'air vraiment overdressed.
4/ Ca fait super longtemps que je n'ai pas vu ma copine qui part à New York avec moi (quelle idée aussi d'avoir muté dans une académie far far away) et niveau logistique on n'est pas super au point : genre comment on va faire pour téléphoner en sachant que nos portables tout pourris ne marchent pas là-bas, est-ce qu'on a besoin d'un adaptateur électrique, quand est-ce qu'on achète le City Pass, etc etc. C'est dans 2 semaines pile, mine de rien (dans 2 semaines à cette heure-là on sera déjà à Roissy et je serai déjà allée faire pipi 12 fois parce que l'idée de prendre l'avion me stresse).
5/ J'ai fini Sex and the City et je suis toute vide. Faut que je voie le film maintenant. J'ai vu la bande-annonce, et si j'ai bien compris, Steve a trompé Miranda. Si ça leur arrive même à eux, je n'ai plus foi en l'être humain.
6/ Je n'ai pas encore mon emploi du temps pour la rnetrée prochaine (bon, on n'est qu'en juillet) et j'ai quand même un peu hâte de savoir quels cours je ferai, histoire de m'avancer pendant les vacances cette fois (l'an dernier j'ai tout su au dernier moment et j'ai un peu galéré!)
7/ Mais surtout, hier soir j'ai failli ne pas réussir à terminer mon fondant au chocolat. Je ne me reconnais plus.
11:27 Publié dans Jeux, chaînes, questions, Sacs, chaussures et cie, Teaching, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.06.2009
Considérations sexandthecityesques (5) + bonus
J'ai la berlue ou ils ont changé le gosse de Miranda entre la saison 5 et la 6? (oui ça y est, saison 6, je touche au but).
Je m'inquiète aussi pour le Scout, le border collie de Steve, on ne le voit plus jamais.
Aidan a un enfant et il est marié; j'ai envie de dire de vilaines choses à Carrie mais je suis une lady donc je me retiens.
Je ne suis pas fan du physique du nouveau mec de Charlotte (son divorce lawyer) mais bon, chaque pot a son couvercle, comme dirait Zézette.
Sinon, je sens que je vais craquer:

14:18 Publié dans Ciné/Télé, Sacs, chaussures et cie, Teaching, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
20.05.2009
Mon sacerdoce
La première fois que j'ai eu des copies à corriger, je m'y suis mise avec gaieté, parce que ça me donnait vaiment l'impression d'être prof. AU bout de 7 copies j'en avais déjà marre. Et maintenant que j'ai perdu de mon bel enthousiasme ma naïveté, corriger me gave grave (notez la subtilité de la double allitération). Et encore, j'ai de la chance dans mon malheur parce que j'ai peu de cours, donc peu de corrections. Et je ne me coltine pas 10 pages de dissert. Nan, moi je traque le barbarisme et l'oubli de -s à la 3ème personne, je pourfends le verbe irrégulier mal conjugué, bref je compte les fameux points-fautes en thème. C'est plus difficile que ça en a l'air pour quelqu'un comme moi qui a eu 08 en maths au bac (coeff 9, sinon c'est pas marrant). Il me faut une concentration absolue. Il suffit que Châtaigne me saute sur les genoux ou que je me mette à fredonner une de ces chansons débiles dont j'ai le secret (mon rêve c'est de participer au karaoké de Nagui) et vlan je ne sais plus où j'en suis, faut tout recommencer. Après, une fois que j'ai fait le compte des points-fautes pour toute la classe, je dois mettre la barre. La barre c'est le nombre de points-fautes correspondant à la moyenne, genre il faut avoir 50 pf ou moins pour avoir 10/20. Ca tient toujours un peu du bricolage: "si je la mets à 50 c'est pratique pour mes calculs mais j'en ai que 5 qui ont la moyenne. Mais si je la mets à 55 ils sont 20 à avoir plus de 10/20, ça fait trop, c'est pas réaliste. Mettons-la à 52 pour voir" (oui bon je complique un peu pour que vous compreniez).
Et puis il y a toujours l'étudiant qui est hors-catégorie. Celui qui a 300 pf (ou presque) quand les autres en ont en moyenne 60, et encore, au bout d'un moment on a arrêté de compter. Celui, par exemple, qui me traduit "L'une des réalités les plus choquantes dans l'Amérique d'aujourd'hui est l'augmentation du nombre de personnes âgée en prison" par "One of reality most choking in the America yesterday was augmentation of number old person in prison". (Je précise que je n'ai pas pris sa plus mauvaise phrase).
Je ne sais pas quoi faire avec cet étudiant parce que je pense qu'il fait des efforts, nous en avons pas mal discuté après son premier devoir Mais il a d'énormes lacunes qu'une heure par semaine au milieu de 25 autres étudiants ne suffit pas à combler. Je pense qu'il ne doit même pas savoir par quel bout s'y prendre chez lui pour réviser parce que tout, absolument tout est à revoir (y compris en français, je le sais, je l'ai eu en version). Ca le fait vraiment mal de le voir en perdition, d'assister à son naufrage sans peut-être en faire assez.
Bref, les corrections me laissent toujours "hopelessful", comme l'a si bien dit une étudiante.
16:30 Publié dans Teaching | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
08.05.2009
Pourquoi lire? Une étudiante anglaise vous répond.
Ok je suis en congrès depuis hier et jusqu'à dimanche, (et j'ai donc mal au ventre depuis mardi. oui car chez moi c'est ainsi que se manifeste le stress: pas de transpiration excessive, pas de rougissement intempestif, pas de tremblement, mais un horrible mal de ventre plusieurs jours à l'avance) mais je pense quand même à vous, lectorat chéri (j'avais écrit "rectorat", c'est vous dire si je suis dévourée à mon métier - ou monomaniaque, c'est selon).
Et donc, grâce à cet outil magique qu'est la publication d'article en différé, je peux soumettre à votre sagacité une nouvelle perle de mon année en Angleterre. Car notre étudiante anglophone qui sait si bien cerner les Français (souvenez-vous de la fameuse dissert sur les préjugés. Je vous mettrais bien le lien mais je ne sais pas faire et je suis pressée) a récidivé, pour notre plus grand bonheur. Jugez plutôt:
« Lire, c’est la meilleure façon de s’améliorer. Discutez cet avis en relation du monde qui vous entoure.
Autour de moi, je vois un monde rempli de tristesse. Chaque jour je lis dans le journal des articles de nouvelles catastrophes,c elles qui sont naturelles et celles qui sont incitées par l’homme. [Bon, jusqu’ici, à part le ton mélodramatique et très personnel qui n’aurait rien à faire dans une dissert à la française, et le fait qu’on ne voit pas trop le rapport avec le sujet (mais c’est sa phrase d’appel, il faut encore lui laisser le bénéfice du doute), tout va bien].
J’entends des histoires de mes élèves français, parmi eux, ceux qui sont fougueux [ ?], qui trouvent refuge dans l’euphorie des drogues pour pouvoir échapper aux dures réalités du monde auquel ils appartiennent. […]
Au moment de l’approche des Jeux Olympiques qui n’exaltent pas seulement la triomphe de l’individu mais aussi l’unité de la civilisation et l’esprit d’équipe, je me trouve forcée de me demander comment se fait-il que le monde se trouve dans cette situation ? C’est un dilemme de ségrégation et de mécontentement qui risque de finir par la destruction entière de toute l’humanité. [Diantre !]
L’une de mes collègues au lycée m’a récemment dit que la seule force qui allait réunir l’humanité est une attaque extraterrestre. [ !!! Mais que font Mulder et Scully ?] Ce n’est que cette menace au monde qui va nous forcer à réfléchir sur la vulnérabilité de notre existence et de joindre nos forces pour éviter l’extermination. Ce dont les gens ne se rendent pas compte c’est que c’est nous qui sommes la vraie menace à notre existence bien plus que les extraterrestres. Selon moi, la seule théorie solide pour l’existence d’une source de vie plus intelligente est qu’ils n’aient pas essayé de nous contacter. [Maintenant, prenez quelques secondes pour relire le titre de la dissert. Etonnant, non ?] […]
[Et là, la révélation :] C’est seulement grâce à la lecture que j’arrive à réfléchir à cette information. [Damned !] […]
On a tous la puissance de s’améliorer, et lire, c’est la meilleure façon ainsi que la plus facile d’obtenir ce but. La définition d’insanité selon Alcooliques Anonymes [ahurissant non sequitur !] est de faire la même chose deux fois en s’attendant à des résultats différents, mais si tout le monde lisait un peu plus, on pourrait peut-être éviter les conséquences diaboliques qui vont nous inévitablement arriver en ce moment. [Je me demande si ce n’est pas la fille cachée de Paco Rabanne, grand théoricien de la fin du monde…]
Ca continue sur plusieurs pages, mais je n'ose pas vous infliger ça.
Mes potes lectrices et moi avons toujours regretté de ne pas pouvoir la rencontrer. Nous n'avons jamais su c'était la championne du second degré (voire du 15ème) ou si elle était vaiment complètement frappée.
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